top of page
Projet

Après m'être consacré à la porcelaine pendant une vingtaine d’années, je fais depuis quarante ans du dessin (encres et crayons de couleur). J’expose peu mon travail. Aujourd'hui, je le présente chez moi, en un lieu modeste  mais créé pour le recevoir. Ainsi dédié, il demeurera ouvert toute l’année.

 

Si la maladresse, aussi bien que la difficulté à aller vers le public ne m’ont guère ouvert de portes, elles m’ont néanmoins autorisé à vivre dans la paix, en compagnie de ce que j’aime, ou aime à me consacrer. Ce qui est, et par quoi nous vivons, eau, plantes, arbres ; l’espace d’où nous retirons notre énergie. Il serait agréable de penser que le résultat  de ce travail prolonge ce besoin mais  également que certains soient à même de le partager.

 

Je présente simultanément quelques pièces anciennes associées à des réalisations actuelles tout en regrettant que certains  travaux du passé, parfois trop importants, ne puissent « AU SEUIL » trouver leurs places. Depuis de nombreuses années, à partir d’un projet, je travaille en introduisant d’une œuvre à une autre des remarques faites lors de la réalisation de la précédente. Ainsi se constituent des séries à thèmes. Organisée à partir d’une réflexion ponctuelle, la préparation à la réalisation de chacune de ces séries se met lentement en place, souvent à partir d’une singularité perçue mais surtout autour d’un long travail de recherche dont le protocole final

 aimerait retrouver ce qui à un moment parut « évident ». Tout participe à reconstruire la sensation d’origine : matière, couleurs, papier, aussi bien que lors de l’installation de ce travail : la lumière, le lieu et l’accrochage.

 

J’aime les beaux papiers, japonais où chinois, parfois très fragiles, ceux qui captent bien la lumière où encore débordent un projet. Vieillissant bien, les effets du temps en  renforcent les séductions. De façon  générale j’aime bien que les matériaux mis en œuvre ne se laissent pas faire et n’abandonnent le résultat qu’au terme d’une négociation avec le projet. Les crayons de couleurs (multiples par leurs diversités) tiennent une place importante, selon les époques, mais aussi les encres, les poudres. Tous les matériaux fluides qui n’empâtent pas. Cela ne m’empêche pas pour autant le goût de la peinture, mais sa matière ne sert pas la réflexion qui me conduit. Il y a là une question de logique semblable à celle du premier geste de celui qui brisa un caillou pour servir son projet. Puis ! Que de transformations, propos autour de l’art et projets plastiques évoluent côte à côte au cours de l’histoire. Mais il est curieux de constater que le geste se libère quand le propos intellectuel ou littéraire enferme et catégorise, multipliant les contraintes exercées. J’aimerais un jour en reparler.

morichon

crayons de couleur,

encre,

livres d'artiste

bottom of page